Promenade de Fabio

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Dessin : J. Ferrandez Fabio Montale vu par Jean-Claude Izzo

J’ai écrit le premier (Total Khéops) sans savoir que j’allais en écrire un deuxième. En revanche, je savais que je n’en écrirais pas cinquante. En entamant Solea, je prévoyais d’en finir avec Fabio Montale(…) Il y a un peu de moi en lui évidemment. Des choses personnelles, des valeurs : le plaisir de manger, ou de boire du bon vin, par exemple. Mais j’ai horreur de la pêche, par contre… Je n’ai jamais été flic. Tous les personnages sont inventés. Mais inspirés d’amis… Le seul vrai, c’est Hassan, le patron du  » Bar des Maraîchers « . Et les jeunes, c’est mon fils et sa bande de copains. Difficile d’analyser mon succès. Je ne pense pas être un écrivain consensuel. Il y a un certain nombre de gens qui ne me liront pas… Je ne fais pas de concessions, ni dans le fond ni dans la forme. Je crois que les lecteurs se retrouvent dans le personnage de Fabio Montale, et dans ce que disent mes romans : y compris les problèmes de couple, l’amitié. Chacun trouve dans Montale l’ami qu’il cherchait (…) On me dit souvent que c’est noir et pessimiste, mais le plus beau compliment que l’on me fait régulièrement, c’est de dire que, lorsqu’on referme Solea, on a une putain d’envie de vivre ! Je suis touché, car c’est la sensation que ça me fait quand je lis Jim Harrison (…) Oui, comme Montale, je suis pessimiste. L’avenir est désespéré. Mais c’est pas moi qui suis désespéré, c’est le monde… Je dis qu’on peut résister, transformer, améliorer, mais de toute façon on est coincé. On ne peut rien changer fondamentalement. Par contre, dans l’espace qu’on a, on peut être heureux.
 » Je ne crois plus les politiques qui me disent : demain ça ira mieux, ou la révolution va tout changer. (…) Tout ce que j’écris sur les implications de la mafia dans la région PACA est vrai. Mon passé de journaliste doit y être pour quelque chose… (…) Écrire des polars n’est pas une autre façon de militer. C’est juste une manière de faire passer mes doutes, mes angoisses, mes bonheurs, mes plaisirs. C’est une manière de partager. Bon, à l’exception de l’opposition au Front national, je n’ai pas à dire : il faut faire ceci ou il faut faire cela. Je raconte des histoires. Tant mieux si cela donne à certains l’envie d’intégrer une association. Montale, il n’appartient à aucun parti. Il a des valeurs. Il doute. Il est solitaire. Mais il croit à un certain nombre de choses.
 » En tant que citoyen, en tant que militant, je n’ai plus grand espoir. Mais je conserve plein d’espérance vis-à-vis de l’Homme (…) Tuer Montale (dans Solea), c’est un signal d’alarme. S’il représente l’espoir, ça veut dire que, si vous voulez d’autres Montale, il faut vous démerder…