Les Calanques

vignettes_calanquesOn ne comprend rien à cette ville si l’on est indifférent à sa lumière. Elle est palpable, même aux heures les plus brûlantes. Quand elle oblige à baisser les yeux. Marseille est ville de lumière. Et de vent. Ce fameux mistral qui s’engouffre dans le haut de ses ruelles et balaie tout jusqu’à la mer. Jusqu’au large de Pomègues et Ratonneau, les îles du Frioul. Jusqu’après Planier, le phare, aujourd’hui éteint, reconverti en école de plongée, qui indiquait à tous les marins du monde que Marseille était à portée de main, et que ses femmes, pute ou pas, leur feraient oublier la passion des mers et des îles lointaines.
Marseille, à vrai dire, on ne peut l’aimer qu’ainsi, en arrivant par la mer. Au petit matin. A cette heure où le soleil, surgissant derrière le massif de Marseilleveyre, embrase ses collines et redonne du rose à ses vieilles pierres.

Extrait du texte
« marseille »
 
 
Après une courte sieste, j’étais parti marcher vers les calanques. J’avais senti le besoin de laver ma tête à la beauté de ce pays. De la vider de ses sales pensées, et de la remplir d’images sublimes. Besoin aussi de donner un peu d’ai pur à mes pauvres poumons.
J’étais parti du port de calelongue, à deux pas des Goudes. Une balade facile, de deux heures à peine, par le sentier des douanes. Et qui offrait de magnifiques points de vue sur l’archipel de Riou et le versant sud des calanques. Arrivé au Plan des Cailles, j’avais tiré à flanc, non loin de la mer, dans les bois au-dessus de la calanque des Queyrons. Suant et soufflant comme un pauvre diable. J’avais fait une halte au bout du sentier en corniche qui surplombe la calanque de Podestat.
J’étais bien, là, face à la mer. Dans le silence. Ici, il n’y avait rien à comprendre, rien à savoir. Tout se donnait aux yeux dans l’instant où l’on en jouissait.

Extrait du livre
« Solea »
 
 
Je me satisfaisais d’amener mon pointu, le Trémolino, au large de l’île Maïre et de l’archipel de Riou, pour pêcher pendant quelques, enveloppé dans le silence de la mer. Je n’avais plus rien d’autre à faire, que ça. Aller à la pêche, quand ça me prenait. Et taper la belote entre trois et quatre. Jouer les apéros à la pétanque.
Une vie bien réglée.
Quelquefois, je partais en virée des les calanques de Sormiou, Morgiou, Sugitton, En-Vau… Des heures de marche, sac au dos, je suais, je soufflais. Cela me maintenait en forme. Cela apaisait mes doutes, mes craintes. Mes angoisses. Leur beauté me réconciliait avec le monde. Toujours. C’est vrai qu’elles sont belles, les calanques. Ce n’est rien de le dire, il faut venir les voir. Mais on ne peut y accéder qu’à pied, ou en bateau. Les touristes y réfléchissaient à deux fois, et c’était bien ainsi.

Extrait du livre
« Chourmo »